Les tribulations de Guy Roux au pays de la pub
L'entraîneur de l'AJ Auxerre a tourné plus de neuf spots publicitaires. Après La Poste, Nomad ou Cristaline, Guy Roux a tourné dans un spot Citroën en 2003. Retour sur la carrière d'une bête de pub.
Effectivement, à Auxerre, l'Abbé-Deschamps, le stade qui abrite l'équipe de football locale, tout le monde connaît.
Comme tout le monde connaît son entraîneur, Guy Roux, en poste depuis bientôt quarante-deux ans. Au demeurant, sa notoriété a depuis belle lurette dépassé les
frontières du chef-lieu du département de l'Yonne.
Au point d'attiser la curiosité des publicitaires, qui ont récupéré ces dernières années son personnage pour vendre un peu de tout : eau de source bon marché, système d'alarme domestique, engrais pour gazon, produits financiers modulables... Jusqu'à Citroën, Guy Roux étant tout bonnement le meilleur vendeur que la marque aux chevrons ait jamais eu. Mais comment en est-on arrivé là ? Retour sur une carrière hors norme.
Coup d'essai, coup de maître
Au commencement était Compo Floranid, un engrais pour gazon commercialisé à l'époque, c'était il y a cinq ans, par BASF. Pourtant viscéralement anti-Allemand (il y a certains Alsaciens comme cela...) – il aurait un jour éconduit un représentant d'Opel venu lui proposer une voiture : « Une bagnole de Boche, jamais ! » -, Guy Roux accepte la proposition de l'agence Aprime Communication, aujourd'hui inscrite aux abonnés absents, de tourner un film pour cette marque d'engrais. « Le scénario était banal, je faisais jouer des gamins sur un terrain et je vantais la qualité du gazon », s'amuse-t-il. « J'ai ensuite été utilisé sous forme de mannequin de deux mètres de hauteur à mon effigie. Ma belle-mère a d'ailleurs buté dedans un jour, dans une jardinerie. »
Coup d'essai et coup de maître car, comme l'avait prévu Guy Roux, les clients mordent à l'hameçon. Pendant l'année 2000, au moment où, fatigué, il annonce qu'il va céder sa place à son adjoint - tout en restant manager du club - il tournera pas moins de trois films.
Pourquoi ce choix ?
Serge Uzzan, président de la jeune enseigne Famous, est plus nuancé : « Il faut distinguer célébrité et réputation. Pour Guy Roux, il me semble que, quel que soit l'univers de produit, il fait son boulot sur le premier critère : c'est l'entraîneur le plus connu de France, il a une personnalité intéressante, l'investissement ne sera pas gâché. En revanche, pour la réputation, c'est plus problématique. De l'engrais pour gazon, ça passe encore, vous n'allez pas en boîte avec, mais une voiture, même sur une thématique de prix, je suis plus sceptique. L'automobile reste un achat statutaire, impliquant. Pour Citroën, ça marche peut-être, mais sur quels modèles ? Et pour combien de temps ? »
Voilà de quoi alimenter le débat chez Citroën, où les tenants du tout-Guy Roux affrontent ceux qui seraient plutôt pour lever le pied. Sinon, il leur reste une troisième solution : l'associer à l'autre égérie de la marque, le top model Claudia Schiffer. «Pourquoi pas, rétorque Guy Roux, elle n'a rien d'amoral, elle ne va pas
abîmer mon image. »